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LIBROS EN CALAMEO

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8 de octubre de 2017

LE TRIANGLE D’OR - Maurice Leblanc - (1918)

LE TRIANGLE D’OR - Maurice Leblanc - (1918)
Chapitre 1
Maman Coralie
Un peu avant que sonnât la demie de six heures, comme les ombres du soir devenaient plus épaisses, deux soldats atteignirent le petit carrefour, planté d’arbres, que forme, en
face du musée Galliera, la rencontre de la rue de Chaillot et de la rue Pierre-Charron.
L’un portait la capote bleu horizon du fantassin ; l’autre, un Sénégalais, ces vêtements de laine beige, à large culotte et à veston cintré, dont on a habillé, depuis la guerre, les
zouaves et les troupes d’Afrique. L’un n’avait plus qu’une jambe, la gauche ; l’autre, plus qu’un bras, le droit.
Ils firent le tour de l’esplanade, au centre de laquelle se dresse un joli groupe de Silènes, et s’arrêtèrent. Le fantassin jeta sa cigarette. Le Sénégalais la ramassa, en tira vivement quelques bouffées, la pressa, pour l’éteindre, entre le pouce et l’index et la mit dans sa poche.
Tout cela sans un mot. Presque en même temps, de la rue Galliera, débouchèrent deux autres soldats, dont il eût été impossible de dire à quelle arme ils appartenaient, leur tenue militaire se composant des effets civils les plus disparates. Cependant, l’un arborait la chéchia du zouave ; l’autre, le képi de l’artilleur. Le premier marchait avec des béquilles, le second avec des cannes.
Ceux-là se tinrent auprès du kiosque qui s’élève au bord du trottoir.
Par les rues Pierre-Charron, Brignoles et de Chaillot, il en vint encore, isolément, trois : un chasseur à pied manchot, un sapeur qui boitait, un marsouin dont une hanche était
comme tordue. Ils allèrent droit, chacun vers un arbre, auquel chacun s’appuya.
Entre eux, nulle parole ne fut échangée. Aucun de ces sept mutilés ne semblait connaître ses compagnons et ne semblait s’occuper ni même s’apercevoir de leur présence.
Debout derrière leurs arbres, ou derrière le kiosque, ou derrière le groupe de Silènes, ils ne bougeaient pas. Et les rares passants qui traversaient, en cette soirée du 3 avril 1915, ce carrefour peu fréquenté, que des réverbères encapuchonnés éclairaient à peine, ne s’attardaient pas à noter leurs silhouettes immobiles.
La demie de six heures sonna. À ce moment, la porte d’une des maisons qui ont vue sur la place s’ouvrit. Un homme
sortit de cette maison, referma la porte, franchit la rue de Chaillot et contourna l’esplanade.
(220 páginas - idioma: francés)

https://issuu.com/repolidoblaz/docs/le_triangle_d_or_-_maurice_leblanc

7 de octubre de 2017

LA COMTESSE DE CAGLIOSTRO - Maurice Leblanc - (1924)

LA COMTESSE DE CAGLIOSTRO - Maurice Leblanc - (1924)
Chapitre 1 – Arsène Lupin a vingt ans
Raoul d’Andrésy jeta sa bicyclette, après en avoir éteint la lanterne, derrière un talusrehaussé de broussailles. À ce moment, trois heures sonnaient au clocher de Bénouville.
Dans l’ombre épaisse de la nuit, il suivit le chemin de campagne qui desservait le domaine de la Haie d’Étigues, et parvint ainsi aux murs de l’enceinte. Il attendit un peu. Des chevaux qui piaffent, des roues qui résonnent sur le pavé d’une cour, un bruit de grelots, les deux battants de la porte ouverts d’un coup… et un break passa. À peine Raoul eut-il le temps de percevoir des voix d’hommes et de distinguer le canon d’un fusil. Déjà la voiture gagnait la grand-route et filait vers Étretat.
« Allons, se dit-il, la chasse aux guillemots est captivante, la roche où on les massacre est lointaine… je vais enfin savoir ce que signifient cette partie de chasse improvisée et toutes ces allées et venues. »
Il longea par la gauche les murs du domaine, les contourna, et, après le deuxième angle, s’arrêta au quarantième pas. Il tenait deux clefs dans sa main. La première ouvrit une petite porte basse, après laquelle il monta un escalier taillé au creux d’un vieux rempart, à moitié démoli, qui flanquait une des ailes du château. La deuxième lui livra une entrée secrète, au niveau du premier étage.
Il alluma sa lampe de poche, et, sans trop de précaution, car il savait que le personnel habitait de l’autre côté, et que Clarisse d’Étigues, la fille unique du baron, demeurait au second, il suivit un couloir qui le conduisit dans un vaste cabinet de travail : c’était là que, quelques semaines auparavant, Raoul avait demandé au baron la main de sa fille, et là qu’il avait été accueilli par une explosion de colère indignée dont il gardait un souvenir désagréable.
Une glace lui renvoya sa pâle figure d’adolescent, plus pâle que d’habitude. Cependant, entraîné aux émotions, il restait maître de lui, et, froidement, il se mit à l’oeuvre.
Ce ne fut pas long. Lors de son entretien avec le baron, il avait remarqué que son interlocuteur jetait parfois un coup d’oeil sur un grand bureau d’acajou dont le cylindre n’était pas rabattu. Raoul connaissait tous les emplacements où il est possible de pratiquer une cachette, et tous les mécanismes que l’on fait jouer en pareil cas. Une minute après, il découvrait dans une fente une lettre écrite sur du papier très fin et roulé comme une cigarette. Aucune signature, aucune adresse.
(176 páginas - idioma: francés)

https://issuu.com/repolidoblaz/docs/la_comtesse_de_cagliostro_-_maurice

6 de octubre de 2017

LA DEMOISELLE AUX YEUX VERTS - Maurice Leblanc - (1927)

LA DEMOISELLE AUX YEUX VERTS - Maurice Leblanc - (1927)
CHAPITRE 1 – … et l’Anglaise aux yeux bleus
Raoul de Limézy flânait sur les boulevards, allégrement, ainsi qu’un homme heureux qui n’a qu’à regarder pour jouir de la vie, de ses spectacles charmants, et de la gaieté légère qu’offre Paris en certains jours lumineux d’avril. De taille moyenne, il avait une silhouette à la fois mince et puissante. À l’endroit des biceps les manches de son veston se gonflaient, et le torse bombait au-dessus d’une taille qui était fine et souple. La coupe et la nuance de ses vêtements indiquaient l’homme qui attache de l’importance au choix des étoffes.
Or, comme il passait devant le Gymnase, il eut l’impression qu’un monsieur, qui
marchait à côté de lui, suivait une dame, impression dont il put aussitôt contrôler
l’exactitude.
Rien ne semblait à Raoul plus comique et plus amusant qu’un monsieur qui suit une dame. Il suivit donc le monsieur qui suivait la dame, et tous les trois, les uns derrière les autres, à des distances convenables, ils déambulèrent le long des boulevards tumultueux.
Il fallait toute l’expérience du baron de Limézy pour deviner que ce monsieur suivait cette dame, car ce monsieur mettait une discrétion de gentleman à ce que cette dame ne s’en doutât point. Raoul de Limézy fut aussi discret, et, se mêlant aux promeneurs, pressa e pas pour prendre une vision exacte des deux personnages.
Vu de dos, le monsieur se distinguait par une raie impeccable, qui divisait des cheveux noirs et pommadés, et par une mise, également impeccable, qui mettait en valeur de larges épaules et une haute taille. Vu de face, il exhibait une figure correcte, munie d’une barbe soignée et d’un teint frais et rose. Trente ans peut-être. De la certitude dans la marche. De l’importance dans le geste. De la vulgarité dans l’aspect. Des bagues aux doigts. Un bout d’or à la cigarette qu’il fumait.
(148 páginas - idioma: francés)

https://issuu.com/repolidoblaz/docs/la_demoiselle_aux_yeux_verts_-_maur

4 de octubre de 2017

VICTOR, DE LA BRIGADE MONDAINE - Maurice Leblanc - (1934)

VICTOR, DE LA BRIGADE MONDAINE - Maurice Leblanc - (1934)
Victor, de la Brigade mondaine, à qui le vol des Bons de la Défense nationale, le double assassinat du père Lescot et d’Élise Masson, et sa lutte opiniâtre contre Arsène Lupin, ont valu une telle renommée, était avant cette époque, un vieux policier, habile, retors, hargneux, insupportable, qui faisait son métier en amateur, quand « ça lui chantait » et dont la presse avait eu maintes fois l’occasion de signaler les procédés singuliers et la manière un peu trop fantaisiste. Le Préfet s’étant ému de certaines réclamations, voici la note confidentielle qui lui fut communiquée par M. Gautier, directeur de la Police judiciaire, lequel ne manquait jamais de soutenir son subordonné.
« L’inspecteur Victor, de son vrai nom Victor Hautin, est le fils d’un Procureur de la République, mort à Toulouse, il y a quarante ans. Victor Hautin a passé une partie de sa vie dans les colonies. Excellent fonctionnaire, chargé des missions les plus délicates et les plus périlleuses, il fut souvent déplacé à la suite de plaintes portées contre lui par des maris dont il séduisait les femmes, ou des pères dont il enlevait les filles. Ces scandales l’empêchèrent de prétendre aux postes élevés de l’administration.
« Plus calme avec les années, ayant hérité une jolie fortune, mais désireux d’occuper ses loisirs, il se fit recommander à moi par un de mes cousins résidant à Madagascar, qui tenait Victor Hautin en grande estime. De fait, malgré son âge, malgré son indépendance excessive et son caractère ombrageux, c’est un auxiliaire précieux, discret, sans ambition, peu soucieux de réclame, et dont j’apprécie vivement les services. »
(136 páginas - idioma: francés )

https://issuu.com/repolidoblaz/docs/victor__de_la_brigade_mondaine-maur